L’idée est de créer un écosystème dynamique où l’investissement privé finance directement la croissance des PME et des start-up. Cependant, en Belgique, un fossé sépare ce discours politique de la réalité du terrain.
Des assureurs prêts, mais entravés
Si les assureurs belges ont la volonté et les moyens de soutenir l'économie réelle, ils se heurtent à un cadre législatif national qui décourage l'investissement plutôt que de le stimuler.
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Le 2ème pilier (pensions complémentaires) : Sur 95 milliards d’euros gérés, seuls 8 % sont investis en actions (Branche 23). La faute à une obligation légale de rendement de 2,5 % imposée aux employeurs, qui les pousse naturellement vers la sécurité — mais la faible croissance — de la Branche 21.
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Le 3ème pilier (épargne-pension) : La prudence domine également avec 91 % des fonds placés en Branche 21. Bien que la Branche 23 progresse, le cadre reste trop rigide.
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Le poids de Solvabilité II : La réglementation européenne actuelle reste perçue comme une occasion manquée. Les contraintes de fonds propres et les obligations de rendement limitent drastiquement la part des actions (moins de 10 % au total) dans les portefeuilles des assureurs.
Le déclin du 4ème pilier : un choix politique
Le constat est plus frappant pour le 4ème pilier (épargne libre). Bien qu'il soit plus axé sur l'économie réelle (58 % en Branche 23), son volume a fondu, passant de 180 milliards d'euros en 2005 à 78 milliards aujourd'hui. Ce recul n'est pas dû à un manque d'intérêt des épargnants, mais à une fiscalité belge de plus en plus lourde :
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Taxe sur les primes (passée à 2 %).
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Taxe sur les comptes-titres.
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Taxe sur les plus-values.
Conclusion : Un silence révélateur
Il est frappant de noter que le Premier ministre belge est resté silencieux sur cette Union de l’épargne lors de ses conclusions à Alden Biesen. Pour que ce projet ne reste pas un vœu pieux, la Belgique doit mettre en cohérence ses actes fiscaux avec ses discours européens. Sans une réforme profonde du cadre réglementaire et une baisse de la pression fiscale, l’investissement citoyen dans l’économie réelle restera une illusion.