Cette catastrophe sans précédent a coûté la vie à 39 personnes, généré près de 74 000 dossiers de sinistre et représenté une charge financière colossale de 2,3 milliards d’euros. Si le secteur de l'assurance salue les discussions constructives menées depuis lors avec les autorités, il insiste à nouveau sur l’urgence de renforcer la prévention et de moderniser le cadre légal encadrant la gestion des catastrophes climatiques.
À ce jour, le traitement des dossiers liés aux inondations de juillet 2021 affiche le bilan suivant :
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98,3 % des dossiers sont entièrement clôturés et indemnisés.
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1,2 % des dossiers ont fait l'objet d'un versement à hauteur de 80 %, le solde dépendant de travaux de réparation toujours en cours d'exécution.
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0,5 % des dossiers restent ouverts, principalement en raison de désaccords persistants entre assurés et assureurs sur la nature des réparations ou le montant des indemnités.
L’urgence d'un cadre légal adapté
Le secteur regrette que, cinq ans après ce drame, la législation sur l’assurance des catastrophes naturelles n’ait toujours pas été formellement adaptée. L’expérience de 2021 a pourtant prouvé qu’un partenariat public-privé solide et viable entre l'État et les assureurs est indispensable. Des accords clairs impliquant l’État fédéral, les trois Régions, les assureurs et les réassureurs s'avèrent cruciaux pour garantir la protection financière des citoyens face aux futurs dérèglements climatiques. Un optimisme prudent émerge néanmoins quant à l'aboutissement prochain d'une solution.
Perspectives du secteur : Partout en Europe, l’assurabilité des risques climatiques est sous haute tension. L’accord de gouvernement fédéral De Wever prévoit heureusement la mise en place d'un partenariat public-privé, un chantier sur lequel les équipes planchent concrètement depuis quelques semaines. Conclure un accord réaliste pour l’indemnisation des sinistrés est une priorité absolue, tant pour le secteur que pour le monde politique, afin d'éviter que les victimes d’une prochaine catastrophe ne soient plongées dans l'incertitude.
Investir massivement dans la prévention
Pour limiter l'impact des futurs événements climatiques, une politique de prévention rigoureuse est tout aussi essentielle que l'aspect financier.
Au cours des cinq dernières années, l’accent s’est progressivement déplacé vers l’adaptation et la prévention, une tendance également soutenue au niveau européen via le Climate Resilience Framework. Les assureurs se disent prêts à jouer un rôle majeur, notamment en finançant de nouvelles infrastructures de protection, et attendent désormais le feu vert des autorités pour pouvoir agir.
Les pouvoirs locaux se trouvent en première ligne. Si de nombreuses provinces et communes ont déjà pris des mesures concrètes pour sécuriser les quartiers résidentiels situés en zones inondables, beaucoup d’autres doivent encore emboîter le pas.
Pour accompagner les administrations locales dans cette prise de conscience, les représentants du secteur de l'assurance ont rencontré la quasi-totalité des autorités provinciales ces derniers mois. Ils s'appuient notamment sur le Moniteur des dommages climatiques, un outil interactif qui cartographie commune par commune les sinistres des dix dernières années. Ce registre fournit des données très précises sur le coût et la fréquence des intempéries, des tempêtes et des inondations.
Si les inondations de juillet 2021 restent de loin l'événement le plus coûteux de la décennie, les tempêtes demeurent le phénomène le plus fréquent. À titre de comparaison, la tempête « Franklin » de février 2022 représente le record en volume de la décennie, avec 208 213 sinistres enregistrés pour un coût total de 573 millions d’euros.