Les concertations régulières avec les autorités de contrôle, notamment la Banque Nationale de Belgique (BNB), et les instances européennes sont devenues indispensables pour concilier rigueur prudentielle et pragmatisme opérationnel.
## 1. L'effort de simplification du reporting
Le volume de données à transmettre aux autorités — qu'il s'agisse des volets prudentiels, financiers ou liés à la durabilité — représente une charge de travail colossale pour les compagnies. Face à ce constat, un vaste exercice de simplification a été mené auprès des décideurs politiques nationaux et européens.
Des propositions concrètes ont été avancées pour alléger les processus sans affaiblir la surveillance, ciblant particulièrement :
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Le reporting en matière de gouvernance et les exigences prudentielles.
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Les spécificités nationales belges (telles que le "reporting de valeurs représentatives" et la "provision clignotant").
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Les modèles de déclaration quantitative (QRT).
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L'articulation du reporting de durabilité sous les directives européennes CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) et CSDDD (Corporate Sustainability Due Diligence Directive).
Le dialogue constructif avec le régulateur permet d'ajuster ces exigences afin qu'elles restent techniquement soutenables pour les entreprises, tout en portant la voix du marché belge au niveau de l'Union européenne.
## 2. La révision de Solvabilité II
Pilier de la réglementation prudentielle, le cadre Solvabilité II subit des ajustements techniques majeurs. Les discussions se concentrent sur des variables financières hautement sensibles pour les assureurs :
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La courbe des taux d’intérêt sans risque.
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La correction pour volatilité (volatility adjustment).
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La marge de risque et son impact direct sur les exigences de fonds propres.
La mise en conformité avec les récentes modifications de l'Acte Délégué européen a nécessité des vagues de consultations intenses et un travail de concertation étroit avec la Représentation permanente de la Belgique et la fédération européenne Insurance Europe.
## 3. La montée en puissance de l’IRRD (Redressement et résolution)
Initialement perçue comme un volet secondaire de Solvabilité II, la directive IRRD (Insurance Recovery and Resolution Directive) s'impose désormais comme un dossier crucial à part entière.
Ce texte encadre les mécanismes d'urgence destinés à :
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Corriger à temps la trajectoire des compagnies d'assurances en difficulté (plans de redressement).
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Liquider ou scinder de manière ordonnée les entités en faillite afin de protéger les assurés et la stabilité financière (plans de résolution).
Les implications financières sont majeures : plusieurs pays européens envisagent la création de fonds de résolution dotés de dizaines de milliards d'euros. En parallèle, les réflexions européennes sur l'harmonisation des systèmes de garantie des contrats d'assurance-vie sont suivies de très près par les acteurs du marché.
## 4. DORA et la cyber-résilience : l'heure des tests
Entré en application en janvier, le règlement européen DORA (Digital Operational Resilience Act) impose des standards stricts en matière de sécurité informatique. Bien que le texte soit actif, de nombreuses normes techniques d'exécution continuent d'être affinées, notamment sur :
🛡️ Le test TIBER en 2026 : Signe du durcissement des contrôles, dix compagnies d'assurances belges majeures se soumettent cette année au premier test officiel de résilience TIBER. Cet exercice de simulation d'attaque cyber, particulièrement complexe, s'étale sur plusieurs semaines et requiert une étroite collaboration avec les équipes de supervision de la BNB pour valider une approche à la fois solide et pragmatique du cyberrisque.
## 5. Vers une transition optionnelle aux normes IFRS
Un projet de longue haleine est actuellement mené en concertation avec le secteur bancaire (Febelfin), la Commission des normes comptables, l’Institut des réviseurs d’entreprises (IRE/IREFI) et la FEB. L'objectif est d'étudier la possibilité, pour les institutions financières belges, d'établir leurs comptes annuels statutaires selon les normes internationales IFRS.
Ce chantier suscite des avis contrastés au sein du marché : si les grands groupes internationaux y voient une simplification et une harmonisation bienvenue, les structures de taille plus modeste se montrent plus réticentes face aux coûts de mise en œuvre. L'enjeu des prochaines années sera de dégager un consensus sectoriel équilibré.